La Conscience : cours explicité

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La Conscience : cours explicité

Message  Cécile le Lun 18 Oct - 18:37

LA CONSCIENCE

QU’EST-CE-QUE LA CONSCIENCE ?

DIFFERENTS SENS

SENS PSYCHOLOGIQUE
Au sens psychologique, la conscience est une capacité à traiter des données. Elle nécessite une attention, pour faire l’examen de ces données.
C’est aussi une capacité réflexive, à ne surtout pas confondre avec un réflexe. Le réflexe est par définition un automatisme où n’intervient pas la conscience, qui s’effectue au niveau du bulbe rachidien et non du cerveau, pour parler physiologiquement.

L’exemple du miroir
Comme le miroir, la conscience permet de concentrer sa perception sur quelque chose de précis.
Comme le miroir aussi, la conscience permet aussi un retour sur soi, un examen à distance de soi-même : une sorte de dédoublement de soi.
Un peu d’étymologie : réflexion < re (de retour, à nouveau) + flexion (rupture d’une linéarité.
On peut remarquer que dans un miroir, la réflexion (physique) n’est possible que grâce à la présence d’une surface réfléchissante.
-> Pour m’examiner moi-même et prendre conscience de moi, n’ai-je pas besoin de quelque chose d’externe ?
Ex : les autres et leur regard, mes actes qui objectivent ma pensée, mes réalisations…
Avec un miroir, ce n’est finalement qu’une image qui nous est renvoyée.
-> La réflexion sur soi n’est-elle pas toujours liée à quelque chose d’imaginaire ?

Naissance de la conscience
Il semblerait que la conscience naisse chez l’enfant à partir justement du « stade du miroir », selon Lacan. Jusque là, l’enfant ne fait pas de distinction réelle entre les autres et lui, n’a pas le sentiment d’être une entité à part, peut-être à cause de la fusion qui a existé entre lui et sa mère. Mais, avec le stade du miroir, l’enfant perçoit son image et l’interprète comme étant bien la sienne : il prend conscience de son individualité (≈seconde naissance).
Il semblerait aussi qu’une sorte de concurrence naît dès lors entre l’enfant et son image ; il se crée une sorte de tension interne entre ce que l’enfant à l’air d’être et ce qu’il voudrait avoir l’air d’être.
Finalement, la conscience au sens psychologique est donc une capacité réflexive, une capacité à retourner l’examen sur soi, et ainsi de rectifier son rapport au monde par rapport à soi.

SENS MORAL
La morale est une construction de l’esprit humain, destinée à distinguer bien et mal (contrairement à la connaissance, qui veut distinguer le vrai du faux). Elle se constitue d’un ensemble de valeurs abstraites, relatives, que les hommes se fixent comme normes. L’établissement de ces valeurs suppose une capacité à l’abstraction propre à l’homme.
La morale est donc un ensemble de principes qui se veulent valables pour tous, généraux. Il y a pourtant tensions entre ces principes généraux, et les cas particuliers auxquels il n’est pas toujours évident de les appliquer. Ainsi, Kant, moraliste, prohibait le mensonge en toute circonstance, car mentir, c’est abuser des autres et les traiter comme des objets. En pratique, cette règle morale irréprochable est-elle vraiment applicable, raisonnable ? Exemple des résistants.
La morale est constituée de normes, fixes, et contraignantes. C’est pourtant selon elles que les hommes peuvent faire le choix d’organiser leurs actions, quand bien même elles iraient à l’encontre de ses intérêts ou de la nature. Ils s’imposent ainsi des restrictions morales : c’est ce point qui différencie l’animalité de l’humanité.
Cette morale est forgée par la conscience, qui instaure une distance entre les hommes, leurs actes et leurs idéaux. La conscience devient alors une sorte de juge intérieur.
NB : la conscience morale, l’ensemble des valeurs sociales et éducatives constituent notre SURMOI, qui s’oppose à notre CA, c’est-à-dire à notre part animale.

DISTINCTION AVEC CAPACITES ANIMALES
Certains animaux, notamment le poulpe, et le plus célèbre représentant de cette espèce Pépinio, sont doués d’instinct mais aussi de réflexion. Ils ont parois même conscience d’eux-mêmes.
DEF : l’instinct est inné, et se constitue de comportements transmissibles avec des finalités, pour organiser les réactions.
DEF : la réflexion est le processus qui amènera une réaction positive à un problème nouveau, lorsqu’aucun automatisme ou instinct ne peut être utile. Réfléchir, c’est traiter un problème nouveau et le solutionner.
Mais l’Homme est également doté d’une capacité d’abstraction, et c’est ce qui le distingue de l’animal. Nous pouvons imaginer, anticiper virtuellement des issues possibles. Là où le poulpe cherche des solutions à un problème posé, l’Homme cherche des solutions à un problème non-posé.
L’intelligence, cette capacité à résoudre des problèmes, suppose une conscience.

LA CONSCIENCE EST-ELLE INNEE OU ACQUISE ?

ELLE EST INNEE…
Un singe ne deviendra jamais un petit enfant, même s’il est élevé par des hommes ; physiologiquement, une zone manquante dans son cerveau ne lui permet pas de capacité d’abstraction car li n’a pas le langage. Certes, il communique ; mais dans le langage, c’est la syntaxe qui fait la différence, cette construction de phrase qui amène le sens. L’être humain est physiologiquement doté de cette capacité à la naissance, la conscience est donc partiellement innée.
Cependant, si elle n’est pas développée, cette disposition restera au stade léthargique ; elle subsiste par l’acquis.

… ET SURTOUT ACQUISE
On a l’exemple de l’enfant sauvage : l’absence d’éducation pendant l’enfance rend impossible l’atteinte du stade adulte. C’est l’éducation qui développe la capacité de conscience. On peut comparer l’enfant à une terre en friche : elle peut être fertile, si elle n’est pas labourée, rien ne poussera.
NB : le contexte familial est essentiel ; une distinction s’opère donc dès le plus jeunes âge, qu’essaye de combler l’école.

LA CONSCIENCE EST-ELLE PERMANENTE ?

Selon Bergson (1859-1941), non. Elle oscille entre deux degrés extrêmes :
- « quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir automatique [,] la conscience s’en retire ». Là où il y a réflexe, il n’y a plus intervention de la conscience.
- dans les crises (<krimein : séparer) qui appellent à des choix déterminants, au contraire, il y a intervention de la pleine conscience. En effet il n’existe pas de solution préexistante, il faut la créer, la conscience est donc entièrement mobilisée. Plus i il y a de choix, plus il y a de conscience.
Conclusion de Bergson : « Les variations d’intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix, ou, si vous voulez, de création, que nous distribuons sous notre conduite. »

LA CONSCIENCE EST-ELLE UN SIMPLE CONTENANT ?
N’est-elle qu’une simple accumulation de faits psychiques ? Non, c’est un acte. Il ne s’agit pas d’un simple stockage, il y a une démarche de convocation de souvenirs, dans un but plus ou moins précis et avoué.
Selon Husserl, « chaque cogito porte en lui-même, en tant que visé, son cogitatum respectif ».
DEF du cogito : « état de conscience » selon Husserl.
DEF du cogitatum : objet de la pensée, objet de l’intention.
DEF de la cogitatio : réflexion, processus qui établit ce rapport entre cogito et cogitatum.
Toute cogitatio est porteuse de son cogitatum. Plus explicitement, l’intention commande la conscience que l’on a des choses. C’est ainsi que les gens auront d’une même situation une conscience différente, car selon la personne, il y a recherche de certains éléments et pas d’autres. Il n’y a pas d’enregistrement passif de tous les éléments, mais une visée qui fait de la prise de conscience un acte partiel et intentionnel.
Puisque chaque conscience est spécifique à chaque individu, et dépend de chaque intention, on peut conclure que la conscience n’est pas qu’un simple réservoir d’idées innées. Dans ce cas, peut-elle réellement être objective ?

LA CONSCIENCE PEUT-ELLE ETRE OBJECTIVE ?

ELLE EST LIEE AU SUJET PRENANT CONSCIENCE

LA VOIE DE LA PSYCHOLOGIE : L’INTROSPECTION
Un peu d’étymologie : Psychologie < psyché (âme) + logos (parole, raison, étude)
La psychologie est donc l’étude de l’âme. Or, tout ce qui touche à l’Homme résiste à la scienticité ; on retrouve cependant des constantes (voir chapitre sur l’inconscient).
La psychologie passe par l’introspection, c’est-à-dire par un regard au-dedans de soi (introspection < intro+specto=regarder). Cette introspection est possible grâce à la capacité de mémorisation de l’homme, mais elle suppose la création d’une distance.

LES LIMITES DE L’INTROSPECTION
- l’introspection ne considère que les faits passés. En effet, elle examine des états de conscience identifiables, cernables, qui appartiennent au passé, qui sont temporellement clos. Par l’introspection, nous nous examinons comme une sorte d’objet, réduit à l’ensemble de nos faits passés. Ne nous réduisons-nous qu’à cela ? Ne sommes-nous pas des êtres en devenir ? Nous sommes un « projet » selon Sartre, et ce n’est qu’à la mort (« La mort transforme la vie en destin », Malraux) que l’identification d’un être devient vraiment possible.
- l’introspection est influencée par une visée : on ne voit que ce qu’on cherche. Il y a en effet une visée à l’introspection ; il peut s’agir de pacifier ses rapports avec soi-même, de mieux se comprendre. On établira alors des compromis, selon l’intérêt que l’on a à se voir. L’introspection est donc subjective, faussée.
L’introspection est donc un processus faillible.

UN NECESSAIRE RECOURS AU REGARD D’AUTRUI
Il est nécessaire d’avoir recours au regard d’autrui pour s’examiner soi-même le plus objectivement possible. Il y a en effet une réelle difficulté à se distancier par rapport à soi. Aussi, pour rendre notre prise de conscience moins soumise à notre propre subjectivité, on aura recours à l’éclairage du regard d’autrui.

L’exemple du sentiment de honte
Selon Sartre, ce sentiment ne nous vient pas naturellement. Il ne survient, même sur le plan physiologique (rougeur..) que lorsqu’on prend conscience du regard d’autrui, qui implique un jugement par rapport à soi-même. L’on va se reconnaître comme l’autre nous voit.
NB : le jugement d’autrui nous affectera plus ou moins selon la valeur que l’on accorde à cette personne et à sa capacité de juger.

ELLE EST INTENTIONNELLE
Voir : « La conscience est-elle un simple contenant ? »

ELLE EST LIEE AU LANGAGE
La prise de conscience est affectée par la relativité du langage, qui est une forme de pensée. On se souvient de l’exemple du miroir : sont nécessaires une distance et un support. Abstraitement, la distance nous est fournie par le regard d’autrui. Le support, ce sera nos actes, mais aussi nos paroles, nos écrits, ce que l’on aura objectivé de nous-mêmes.
Or il n’y pas de langage universel, mais de multiples langues, qui correspondent toutes à une certaine forme de pensée ; le langage oriente donc la prise de conscience. Il se crée donc une sorte de limite.

ELLE EST LIEE AUX CONDITIONS D’EXISTENCE
Selon Marx : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience » (Contribution à la critique de l’économie politique). Autrement dit, notre conscience est conditionnée par les conditions politiques, géographiques (Versailles ≠ banlieue), temporelles (temps de crise, de prospérité), en un mot matérielles, dans lesquelles nous vivons. Marx peut alors affirmer que vivre des choses communes donne une conscience commune, puisque les hommes évoluent alors dans les mêmes conditions. De cette conscience commune naîtra, selon Marx, une révolution commune (->révolution communiste chez les prolétaires).

Selon Sartre, cette thèse est inexacte. La conscience reste individuelle, et, quoique influencée par conditions matérielles, finalement potentiellement indépendante par rapport à elle. Preuve en est la personnalité même de Marx qui, quoiqu’issu d’un milieu bourgeois, est à l’origine de la révolution communiste qui met au pouvoir les prolétaires.
On ne peut néanmoins nier l’importance des conditions d’existence. La conscience conserve une certaine autonomie, mais est influencée par elles.

CONSEQUENCES

LA CONSCIENCE EST RELATIVE
- au sujet, à la capacité de prendre conscience
- à l’intention, car toute prise de conscience est soumise à un projet. Ainsi, un même paysage est perçu différemment selon que l’on en ait une approche utilitariste (mais où sont les autoroutes ??) ou contemplatives (oh , c’est si zoli…). L’intention commande la conscience.
- aux conditions d’existence
- au langage
Tous ces éléments sont des obstacles à l’objectivité de la conscience, qui est en fait subjective et liée à ce qui singularise un sujet.

LA CONSCIENCE N’EST DONC PAS UNE CONNAISSANCE
DEF : une connaissance est un savoir, ou un ensemble de savoirs, fondés rationnellement et vérifiées (il ne s’agit pas d’une simple élaboration théorique), et conformes à la réalité.
Certes, la vision imparfaite fournie par la conscience peut potentiellement se transformer en connaissance grâce à un travail analytique. Ce pendant, la connaissance se veut objective, indépendamment de l’opinion du sujet, au contraire de la conscience qui est intimement liée à la singularité du sujet.

OUVERTURE
La conscience est relative. Or, le sujet est un fait de conscience, la connaissance que j’en ai est liée à ma capacité de réflexion. La notion même de sujet est donc relative, de même que ce qu’on en dira. Le sujet va au-delà ce qu’on peut en dire, au-delà ce que l’on pense en conscience : il existe donc potentiellement un non-conscient.
Il nous faut donc examiner la part d’inconscient qui participe de la construction du sujet : qu’appelle-t-on inconscient ? Comment y accéder ? Aide-t-il à mon identification ? Nous examinerons aussi la notion de perception.
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Re: La Conscience : cours explicité

Message  Cécile le Lun 18 Oct - 18:40

Ouf ! Voici le cours sur la Conscience, en j'espère plus explicite. J'ai un tout petit peu modifié le plan du prof, enfin le "plan", disons celui qu'il y avait sur ma feuille, pour essayer de rendre le cours un peu plus cohérent. Mais bon, je ne garantis rien !
Des bisous !
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